Plus de 50 morts dans des villages chrétiens du Plateau
Une centaine d’hommes armés ont attaqué Jwak Maitumbi, village agricole à majorité chrétienne de Mango, dans l’État du Plateau, à 7 h 30 le matin du 16 août, alors que les habitants se préparaient à se rendre à l’église, tuant plus de 30 personnes et incendiant plus de 50 maisons, commerces, églises et greniers. Les forces de sécurité sont arrivées après le départ des assaillants, a déclaré à Barnabas Aid un animateur de jeunesse local. Deux nuits plus tard, des hommes armés sont passés de maison en maison à la machette à Bin-Per, dans la circonscription de Mangu, tuant au moins 20 personnes dans leur sommeil, en majorité des femmes et des enfants. Les habitants et des organisations chrétiennes d’entraide attribuent les deux attaques à des milices d’éleveurs peuls, dans un conflit foncier ancien au sein de la Middle Belt ; les autorités nigérianes n’ont identifié personne et n’ont annoncé aucune arrestation.
Un responsable ashéninka de la surveillance forestière tué au Pérou
Américo Pascuala Tumisha, coordinateur du comité de surveillance et de contrôle forestier de la communauté ashéninka d’Onconashari, dans la région péruvienne d’Ucayali, et ancien chef de cette communauté, a été abattu le 23 août alors qu’il patrouillait sur les terres communautaires. L’organisation indigène régionale ORAU a indiqué qu’il avait surpris des personnes extrayant illégalement de l’huile de copaïba à l’intérieur du territoire et qu’il avait été tué dans l’affrontement qui a suivi. ORAU a précisé que Pascuala avait demandé des mesures de protection sans jamais en obtenir, et que le mécanisme péruvien de protection des défenseurs manque de financement comme de présence sur le terrain. Le parquet a ouvert une enquête. Le système d’alerte précoce de l’AIDESEP recense au moins 38 défenseurs indigènes tués en Amazonie péruvienne depuis 2014.
Le Conseil de sécurité divisé sur l’embargo soudanais
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni le 25 août lors d’une séance convoquée par le Danemark pour examiner une proposition des États-Unis visant à étendre à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes frappant le Darfour, à préciser explicitement qu’il couvre les drones et les technologies associées et à renforcer le groupe d’experts chargé de le surveiller. Le Danemark, le Royaume-Uni et la France ont soutenu la proposition ; la Chine et la Russie s’y sont opposées. L’ambassadeur russe, Vassili Nebenzia, a affirmé que ce seraient les Soudanais ordinaires qui supporteraient le plus lourd fardeau de restrictions élargies. Le représentant du Soudan, El Harith Idris, a objecté que la mesure met sur le même plan l’armée et les Forces de soutien rapide. Radio Dabanga rapporte que plus d’une douzaine d’États fournissent des armes aux deux camps. L’embargo ne s’applique aujourd’hui qu’au Darfour.
Un comité de l’ONU demande à l’Inde de suspendre le projet de Nicobar
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU a demandé à l’Inde, le 27 août, de suspendre son programme d’aménagement de Grande Nicobar et des îles Andaman jusqu’à l’achèvement d’une étude indépendante de ses incidences environnementales, économiques, sociales, culturelles et spirituelles. Le projet, de 10 milliards de dollars, comprend un port, un aéroport, une centrale électrique, une base militaire, un parc industriel et une ville nouvelle pouvant accueillir jusqu’à 650 000 colons, sur une île dont l’intérieur est habité par les Shompen, qui vivent en isolement volontaire. L’Inde a reconnu qu’elle ne peut ni les consulter ni obtenir leur consentement libre, préalable et éclairé. En 2024, trente-neuf spécialistes du génocide ont averti que les Shompen risquaient un génocide si le projet allait à son terme.
La justice égyptienne diffère sa décision sur Sainte-Catherine
La Cour de cassation égyptienne devait examiner le 23 août la propriété du monastère Sainte-Catherine du mont Sinaï et n’a rendu aucune décision. Deux pourvois sont pendants contre un arrêt de mai 2025 de la cour d’appel d’Ismaïlia que ni le gouvernement égyptien ni le monastère n’ont accepté. Quatre eurodéputés grecs ont adressé le 19 août une question écrite à la Commission européenne sur la reconnaissance par l’Égypte de la personnalité juridique du monastère et de son archevêque canoniquement élu, Symeon, avertissant que sans elle le monastère ne peut être effectivement représenté en justice ni défendre son patrimoine. Le ministère grec des Affaires étrangères a indiqué en juin qu’une entente commune préliminaire avait été trouvée et soumise à la confrérie sinaïtique.
La justice indonésienne examine la loi sur la conservation
La Cour constitutionnelle indonésienne devait examiner le 24 août un recours contre la loi de 2024 sur la conservation, après que le gouvernement et le Parlement eurent obtenu le report de l’audience du 6 août au motif qu’ils n’étaient pas prêts. La requête, déposée en juillet par l’Alliance des peuples indigènes de l’archipel avec des organisations de pêcheurs et de défense des droits indigènes, soutient que la loi permet à l’État de classer des terres ancestrales en zones de préservation sans consentement libre, préalable et éclairé, et peut ériger les pratiques coutumières en infraction pénale. Parmi les communautés qui soutiennent le recours figurent les Dalem Tamblingan de Bali et les Pali de Tana Toraja, dans le Sulawesi du Sud. Rukka Sombolinggi, de l’alliance, a déclaré que les peuples indigènes sont les meilleurs gardiens de la nature.
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Libera Mondo est une organisation de défense des droits humains basée à Prague, qui rend compte du sort de ceux que le monde oublie. libera-mondo.org
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